Fiche métier : gestionnaire recouvrement
Le gestionnaire recouvrement est chargé d’identifier et de traiter les créances impayées de l’entreprise, en contactant les clients débiteurs, en négociant des solutions de règlement et en gérant les contentieux commerciaux. Il travaille en lien étroit avec le credit manager, le service comptabilité et le service juridique pour sécuriser le cash de l’entreprise. On le désigne aussi comme chargé de recouvrement ou, dans les petites structures, comme comptable chargé du recouvrement.

Les missions
Le gestionnaire recouvrement identifie les retards de paiement dans le portefeuille clients, constitue les dossiers de créances et engage les actions de relance : appels téléphoniques, courriers de mise en demeure, négociation d’échéanciers ou de plans d’apurement adaptés à la situation financière du débiteur. Il suit rigoureusement les engagements pris et met à jour les dossiers dans les outils de gestion.
Il gère également les litiges commerciaux en coordination avec le credit manager et le responsable des contentieux, prépare les dossiers pour transmission aux cabinets de recouvrement externes ou aux huissiers en cas d’échec amiable, et contribue à la prévention du risque client en participant à l’analyse des encours. Cette liste est non exhaustive.
Les compétences
Le gestionnaire recouvrement doit maîtriser les bases du droit commercial et des voies d’exécution (injonction de payer, référé-provision, saisie-attribution), les procédures de recouvrement amiable et judiciaire, ainsi que les logiciels dédiés (Sage Recouvrement, Sidetrade, Get Paid). La connaissance des délais légaux de paiement (LME) et des procédures collectives est indispensable.
Sur le plan des soft skills, la ténacité, la diplomatie, la gestion du stress lors des situations conflictuelles et la capacité d’adaptation face à des interlocuteurs aux profils très variés sont des qualités essentielles. La maîtrise de l’anglais est un atout pour les entreprises travaillant avec des clients internationaux.

Le gestionnaire recouvrement est en première ligne pour préserver la trésorerie de l’entreprise. Ce métier exige un équilibre constant entre fermeté et diplomatie : il faut obtenir les paiements sans détruire la relation commerciale. Les profils qui savent négocier des plans d’apurement tout en maintenant la confiance du client sont de véritables atouts pour les directions financières.
Pierre-Gilles Bouquet
Fondateur de Voluntae
La formation
Le poste est accessible dès un bac+2 ou bac+3. Un BTS Comptabilité et Gestion (BTS CG), un BTS Gestion de la Relation Client (GRC) ou un BUT GEA option Gestion comptable et financière constituent les formations les plus courantes pour entrer dans ce métier.
Les recruteurs valorisent également les parcours en droit des affaires (Licence pro Droit et management des entreprises) et les profils ayant réalisé des stages ou des alternances dans des services contentieux ou des cabinets de recouvrement. Une première expérience professionnelle de trois ans est souvent exigée pour les postes à responsabilité.
Les évolutions
Avec plusieurs années d’expérience, le gestionnaire recouvrement peut accéder à des postes de responsable du recouvrement, responsable contentieux ou credit manager, en pilotant une équipe et en définissant la politique de gestion des risques clients de l’entreprise.
D’autres trajectoires s’ouvrent vers des fonctions plus spécialisées en domaine bancaire (chargé de recouvrement bancaire), comptable senior, ou conseil en cabinet de recouvrement externe. La maîtrise du droit des procédures collectives ouvre également des postes dans les études de commissaires de justice (ex-huissiers).
Salaire pour gestionnaire recouvrement
25 000 € – 50 000 €
| Métier | Salaire annuel (brut) | Salaire mensuel (net) |
|---|---|---|
| Gestionnaire recouvrement junior | 25 000 € à 35 000 € | 1 563 € à 2 188 € |
| Gestionnaire recouvrement senior | 35 000 € à 50 000 € | 2 188 € à 3 125 € |
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Le métier en 5 questions
Quelle est la différence entre recouvrement amiable et recouvrement judiciaire ?
Le recouvrement amiable consiste à obtenir le paiement sans recours aux tribunaux : relances téléphoniques, courriers, négociation d’échéanciers. C’est la phase que pilote principalement le gestionnaire recouvrement. Si le débiteur refuse de payer ou est insolvable, le recouvrement judiciaire prend le relais : injonction de payer, assignation en référé, saisie-attribution. Cette phase implique un avocat ou un commissaire de justice.
Quels secteurs recrutent des gestionnaires recouvrement ?
Tous les secteurs confrontés à des créances clients peuvent recruter ce profil : assurances, télécommunications, énergie, grande distribution, BTP, services B2B. Les banques et les sociétés de crédit à la consommation disposent de départements de recouvrement importants. Les cabinets de recouvrement externalisés (Intrum, Coface, Euler Hermes) recrutent également en volume régulièrement.
Le gestionnaire recouvrement est-il responsable des créances irrécouvrables ?
Non, il n’est pas responsable des créances définitivement perdues dues à une insolvabilité réelle du débiteur. En revanche, il peut être évalué sur son taux de recouvrement et ses délais moyens de paiement (DSO). Sa performance dépend aussi de la qualité du processus d’analyse du risque client en amont, qui relève davantage du credit manager ou du directeur financier.
L’automatisation va-t-elle remplacer le gestionnaire recouvrement ?
Les outils comme Sidetrade ou Esker automatisent les relances de premier niveau (e-mails, SMS). Mais la négociation d’échéanciers, la gestion des litiges complexes et la relation humaine avec les clients en difficulté restent des missions impossibles à automatiser. Les gestionnaires qui montent en compétences sur le pilotage des outils d’IA de recouvrement et sur la prévention du risque restent très recherchés.
Comment gérer un client de mauvaise foi ou agressif lors d’une relance ?
Rester factuel et professionnel est la règle de base : s’appuyer sur les pièces contractuelles, reformuler sans juger et proposer des solutions concrètes. En cas d’hostilité persistante, la procédure judiciaire devient la seule option crédible. Les entreprises forment leurs gestionnaires aux techniques de communication non violente et de gestion des conflits pour maintenir la relation commerciale tout en obtenant le règlement.