Fiche métier : risk manager
Le risk manager, ou gestionnaire des risques, est chargé d’identifier, d’évaluer et de prévenir l’ensemble des risques susceptibles d’impacter financièrement, juridiquement ou opérationnellement son entreprise. Rattaché à la direction financière ou directement à la direction générale, il joue un rôle préventif et stratégique. On le désigne aussi sous les appellations d’analyste de risques ou de manager de risques.

Les missions
Le risk manager identifie et cartographie les risques de l’entreprise — financiers, opérationnels, réputationnels, juridiques, cyber — en les classant par ordre de probabilité et d’impact. Il élabore des plans d’action pour réduire l’exposition de l’entreprise et conseille la direction sur les stratégies de couverture ou de transfert de risques (assurance, couverture de change, contrats).
Il anticipe les mouvements des marchés et les évolutions réglementaires susceptibles d’affecter l’activité, produit des reportings réguliers à destination de la direction et des actionnaires, et intervient lors des comités de direction pour présenter ses analyses. Dans les groupes financiers, il peut également piloter la conformité réglementaire liée à Bâle III ou Solvabilité II. Cette liste est non exhaustive.
Les compétences
Le risk manager doit maîtriser les outils de modélisation des risques, les bases de données financières, les logiciels de gestion des risques (Archer, SAP GRC) et les indicateurs de performance spécifiques (VaR, stress tests). De solides connaissances en finance, comptabilité et gestion de projet sont indispensables pour évaluer correctement l’exposition de l’entreprise.
Objectivité, rigueur analytique, aisance relationnelle pour dialoguer avec la direction générale, pédagogie pour présenter des scénarios de risques complexes : ce sont les qualités clés du risk manager. La maîtrise de l’anglais est souvent requise dans les contextes internationaux où les risques de change, géopolitiques ou réglementaires sont omniprésents.

Le risk manager est un profil récent mais en développement rapide. Les crises successives — financières, sanitaires, géopolitiques — ont démontré à quel point l’anticipation des risques est un levier de résilience pour les entreprises. Ce sont encore principalement les grandes structures qui recrutent ces profils, mais les besoins s’étendent progressivement aux ETI.
Pierre-Gilles Bouquet
Fondateur de Voluntae
La formation
Le poste de risk manager nécessite un bac+5 minimum. Les voies d’accès classiques sont un master en finance, en contrôle de gestion ou en management des risques d’une école de commerce ou d’une université reconnue. Certaines grandes écoles proposent des mastères spécialisés en gestion des risques (MS Finance Risque, MS Gestion des Risques).
Un diplôme d’ingénieur avec spécialisation en maîtrise des risques industriels constitue également une voie valorisée, notamment pour les secteurs de l’industrie, de l’énergie ou du nucléaire. Des certifications professionnelles comme le FRM (Financial Risk Manager) délivré par GARP ou le PRM (Professional Risk Manager) sont très appréciées des recruteurs dans le secteur financier.
Les évolutions
Le risk manager peut évoluer vers un poste de risk manager senior, puis responsable des risques ou directeur des risques, avec un périmètre de management élargi et une implication directe dans les décisions stratégiques de l’entreprise.
D’autres trajectoires s’ouvrent vers le secteur bancaire en tant que directeur du crédit ou responsable de la conformité, vers le conseil en gestion des risques ou vers des fonctions de direction financière. La transversalité du profil facilite la mobilité sectorielle — banque, assurance, industrie, conseil — pour les profils qui ont su développer une expertise reconnue.
Salaire pour risk manager
35 000 € – 100 000 €
| Métier | Salaire annuel (brut) | Salaire mensuel (net) |
|---|---|---|
| Risk manager junior | 35 000 et 50 000 € | 2 188 à 3 125 € |
| Risk manager senior | 50 000 et 100 000 € | 3 125 à 6 250 € |
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Le métier en 5 questions
Dans quels secteurs le risk manager est-il le plus présent ?
Les secteurs bancaires et financiers (banques, assurances, sociétés de gestion) sont les premiers recruteurs, avec des obligations réglementaires strictes (Bâle III, Solvabilité II). L’industrie lourde, l’énergie, le nucléaire et les grandes infrastructures emploient également de nombreux risk managers spécialisés dans les risques opérationnels et industriels.
Qu’est-ce qu’une cartographie des risques ?
C’est un document synthétique qui recense l’ensemble des risques identifiés pour une entreprise ou un projet, en les évaluant selon leur probabilité d’occurrence et leur impact potentiel. Chaque risque est positionné sur une matrice et priorisé. La cartographie sert de base pour définir les plans d’action préventifs et les dispositifs de couverture adaptés.
Le risque cyber fait-il partie du périmètre du risk manager ?
De plus en plus oui. La cybersécurité est devenue l’un des risques majeurs pour les entreprises. Le risk manager travaille en collaboration avec la direction des systèmes d’information pour évaluer l’exposition aux cyberattaques, définir les polices d’assurance cyber adaptées et intégrer le risque numérique dans la cartographie globale des risques de l’organisation.
La certification FRM est-elle indispensable pour exercer ce métier ?
Elle n’est pas obligatoire, mais constitue un atout sérieux sur le marché financier. Délivrée par l’association GARP, la certification FRM (Financial Risk Manager) est reconnue internationalement et atteste d’une maîtrise approfondie des risques de marché, de crédit et opérationnels. Pour des postes dans les banques ou sociétés de gestion, elle est souvent un critère de présélection.
Le risk manager collabore-t-il avec l’audit interne ?
Oui, les deux fonctions sont complémentaires. L’audit interne vérifie a posteriori que les contrôles existent et fonctionnent. Le risk manager travaille en amont pour identifier et prévenir les risques avant qu’ils se matérialisent. Dans de nombreuses organisations, les deux directions collaborent étroitement sur le cadre de contrôle interne et la culture du risque.