Fiche métier : chargé de missions RSE
Le chargé de missions RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) est responsable du déploiement et du suivi de la stratégie de développement durable de l’entreprise qui l’emploie. Il traduit les engagements RSE en actions concrètes, mesure leur impact et en assure la communication interne et externe. On le désigne aussi sous les appellations de responsable développement durable, de chargé de projet RSE ou de responsable environnement.

Les missions
Le chargé de missions RSE réalise un diagnostic des pratiques de l’entreprise, identifie les axes d’amélioration et co-construit un plan d’action RSE aligné sur les enjeux prioritaires du secteur. Il rédige les rapports RSE et extra-financiers (DPEF, rapport de durabilité CSRD), pilote la collecte des indicateurs carbone, sociaux et de gouvernance, et anime les parties prenantes internes sur ces sujets.
Il assure une veille législative permanente sur les évolutions réglementaires liées à la RSE (loi PACTE, taxonomie européenne, CSRD, devoir de vigilance) et conseille sa direction sur les adaptations nécessaires. Il gère également la communication RSE externe — site internet, réseaux sociaux, certifications — et peut coordonner des démarches de labellisation (B Corp, ISO 26000). Cette liste est non exhaustive.
Les compétences
Le chargé de missions RSE doit maîtriser les référentiels RSE et extra-financiers (GRI, ESRS, ISO 26000, TCFD) et les mécanismes de reporting de durabilité imposés par la réglementation européenne. Des compétences en gestion de projet, en analyse de données et une bonne connaissance de l’environnement sectoriel sont indispensables pour produire des plans d’action pertinents.
Polyvalence, sens de la négociation pour convaincre les parties prenantes internes, esprit de synthèse pour vulgariser les enjeux complexes et capacité à travailler en transversal sont les qualités essentielles. Un bon niveau d’anglais est attendu dans les contextes internationaux. La maîtrise d’outils de collecte et de traitement de données RSE (EcoVadis, Greenomy) est de plus en plus demandée.

Le chargé de missions RSE est aujourd’hui au cœur d’une transformation profonde des organisations. Entre exigences réglementaires croissantes, attentes des parties prenantes et enjeux de compétitivité, son rôle est de faire du développement durable un levier concret et mesurable. C’est un métier en plein essor, qui demande autant de rigueur technique que de conviction.
Pierre-Gilles Bouquet
Fondateur de Voluntae
La formation
Le métier est accessible après un bac+5. Les formations les plus directes sont un Master en développement durable, écologie industrielle, ou responsabilité sociale des entreprises, proposé par des universités comme Paris-Saclay, Lyon 3 ou Sciences Po. Certaines grandes écoles (ESSEC, HEC, INSA) proposent des spécialisations RSE reconnues.
Des parcours en école d’ingénieur avec spécialisation environnement ou des masters en management des risques, sciences politiques appliquées ou droit de l’environnement constituent également des voies d’accès valides. Les certifications sectorielles (Bilan Carbone, BEGES, formations GRI) renforcent la crédibilité du profil sur un marché en forte demande.
Les évolutions
Après quelques années d’expérience, le chargé de missions RSE peut évoluer vers des fonctions de responsable RSE, directeur du développement durable ou directeur de la stratégie, avec un périmètre de management plus large et une implication directe dans les décisions de direction.
D’autres trajectoires s’ouvrent vers l’ouverture d’un cabinet de conseil en RSE, la direction d’une ONG ou l’intégration dans des cabinets d’audit et de certification extra-financière. La transversalité du profil permet également des reconversions vers les achats responsables, la communication ou la gestion de projets environnementaux au sein de collectivités.
Salaire pour chargé de missions RSE
30 000 € – 70 000 €
| Métier | Salaire annuel (brut) | Salaire mensuel (net) |
|---|---|---|
| Chargé de missions RSE junior | 30 000 et 40 000 € | 1 875 à 2 500 € |
| Chargé de missions RSE senior | 40 000 et 70 000 € | 2 500 à 4 375 € |
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Le métier en 5 questions
Quelle est la différence entre RSE et développement durable ?
Le développement durable est un concept global qui concerne l’ensemble des acteurs économiques, politiques et sociaux. La RSE désigne spécifiquement la manière dont une entreprise intègre les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans sa stratégie et ses opérations. La RSE est, en quelque sorte, la déclinaison opérationnelle du développement durable au niveau de l’entreprise.
La CSRD impose-t-elle de recruter un chargé de missions RSE ?
La directive CSRD, applicable progressivement depuis 2024, oblige les grandes entreprises à produire un rapport de durabilité détaillé selon les normes ESRS. Si la loi n’impose pas un poste spécifique, la complexité des exigences pousse la majorité des entreprises concernées à internaliser la compétence, soit en recrutant un profil dédié, soit en renforçant les équipes existantes.
Le chargé de missions RSE travaille-t-il seul ou en équipe ?
Dans les PME, il travaille souvent seul ou avec un appui réduit. Dans les grandes entreprises, il intègre une direction du développement durable structurée, avec des référents RSE dans chaque business unit. Dans tous les cas, il travaille en forte transversalité avec les achats, les RH, la finance, la communication et la direction générale.
Quels secteurs recrutent le plus de chargés de missions RSE ?
Les grands groupes industriels, les secteurs de l’énergie, du BTP, de la grande distribution et de la finance sont les plus actifs. Les administrations publiques et les collectivités territoriales recrutent également, notamment pour répondre aux obligations de la loi Grenelle et aux engagements de décarbonation. Les cabinets de conseil en RSE et de certification extra-financière constituent aussi un débouché important.
Faut-il être convaincu par les valeurs RSE pour exercer ce métier ?
Une conviction personnelle facilite l’exercice du métier, notamment pour convaincre les équipes et les dirigeants pas encore sensibilisés. Mais la RSE est avant tout devenue une réalité réglementaire et un enjeu de compétitivité. Le chargé de missions RSE doit surtout être rigoureux, pragmatique et capable de traduire des engagements en indicateurs mesurables et en plans d’action concrets.