Fiche métier : conseiller en énergie
Le conseiller en énergie est chargé d’analyser les consommations énergétiques de ses clients — entreprises, collectivités ou particuliers — et de proposer des solutions concrètes pour réduire leur empreinte carbone et leurs coûts. Il intervient en amont des projets (audit, diagnostic) comme en phase de suivi des actions mises en place. On le désigne aussi parfois sous les termes d’expert en efficacité énergétique ou de chargé de mission énergie.

Les missions
Le conseiller en énergie réalise des audits énergétiques des bâtiments, installations industrielles ou flottes de véhicules, identifie les gisements d’économies et formule des recommandations chiffrées : isolation, remplacement de systèmes énergivores, optimisation des contrats fournisseurs d’énergie, mise en place de systèmes de suivi. Il élabore des plans d’action adaptés aux contraintes budgétaires du client.
Il assure le suivi des progrès énergétiques, vérifie la conformité aux réglementations en vigueur (décret tertiaire, bilan GES, audit énergétique obligatoire pour les grandes entreprises) et rédige les rapports techniques à destination des décideurs. Il peut également accompagner les clients dans le montage de dossiers de financement (CEE, subventions ADEME, FEDER) et sensibiliser les équipes aux enjeux énergétiques. Cette liste est non exhaustive.
Les compétences
Le conseiller en énergie doit maîtriser les méthodes d’audit énergétique (norme ISO 50001, méthode ADEME), la thermique du bâtiment, les systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation), les réseaux d’énergie et les outils de modélisation énergétique. La connaissance du cadre réglementaire (RE2020, décret tertiaire, loi ELAN) et des mécanismes de financement (CEE, MaPrimeRénov’) est indispensable.
Sur le plan comportemental, la rigueur dans l’analyse des données, la capacité à vulgariser des concepts techniques pour des interlocuteurs non-spécialistes et un engagement sincère pour les enjeux environnementaux distinguent les conseillers les plus efficaces. La gestion de projet, la curiosité permanente et la capacité à travailler en équipe pluridisciplinaire (architectes, bureaux d’études, juristes) complètent le profil.

Le conseiller en énergie joue un rôle essentiel dans la transition vers une économie plus sobre et plus durable. En aidant les entreprises et les collectivités à optimiser leur efficacité énergétique, il contribue directement à la réduction des coûts d’exploitation et à la préservation de l’environnement. C’est un métier d’avenir, dont les débouchés se sont considérablement élargis avec les obligations réglementaires liées à la décarbonation.
Pierre-Gilles Bouquet
Fondateur de Voluntae
La formation
Le poste est accessible à partir d’un bac+3 via une Licence professionnelle en efficacité énergétique, en génie civil ou en gestion de l’énergie. Un BUT Génie Thermique et Énergie (GTE) ou un BTS Fluides, Énergies, Domotique (FED) constituent de bons points d’entrée pour les premiers postes dans le secteur.
Les profils les plus recherchés pour des missions à forte responsabilité détiennent un bac+5 : Master en énergie, Master en génie de l’environnement, diplôme d’ingénieur avec spécialisation énergie-environnement. Des certifications reconnues comme le titre de diagnostiqueur immobilier (DPE) ou la qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) renforcent la crédibilité du profil auprès des clients et des partenaires institutionnels.
Les évolutions
Le conseiller en énergie peut évoluer vers des postes de responsable énergie, directeur des opérations énergie dans une grande entreprise ou responsable RSE. La maîtrise des enjeux de décarbonation ouvre également des portes vers des fonctions de chef de projet transition énergétique ou de directeur développement durable.
D’autres trajectoires incluent le conseil indépendant, la création d’un cabinet spécialisé ou des postes au sein des agences de l’énergie (ADEME, CEREMA) et des organismes publics. Les bureaux d’études techniques (Egis, Setec, Artelia) et les majors de l’énergie (EDF, Engie, Total Energies) recrutent aussi massivement des profils expérimentés en efficacité énergétique.
Salaire pour conseiller en énergie
25 000 € – 50 000 €
| Métier | Salaire annuel (brut) | Salaire mensuel (net) |
|---|---|---|
| Conseiller en énergie junior | 25 000 et 35 000 € | 1 625 à 2 275 € |
| Conseiller en énergie senior | 35 000 et 50 000 € | 2 275 à 3 250 € |
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Le métier en 5 questions
Quelle est la différence entre un conseiller en énergie et un auditeur énergétique ?
L’auditeur énergétique est mandaté pour réaliser un diagnostic ponctuel et remettre un rapport. Le conseiller en énergie a un rôle plus continu : il suit la mise en œuvre des recommandations, accompagne les décisions d’investissement et assure un suivi de la performance sur le long terme. Les deux profils peuvent se recouper, mais la dimension conseil et suivi distingue clairement le second du premier.
Quels secteurs recrutent le plus ce profil ?
Les collectivités locales, les gestionnaires de patrimoine immobilier, l’industrie manufacturière, la grande distribution et l’hôtellerie sont les principaux employeurs. Les bureaux d’études, les sociétés de services énergétiques (ESCO) et les grands groupes industriels soumis à des obligations de bilan GES recrutent aussi massivement. La demande est structurellement croissante avec le durcissement des obligations réglementaires.
Les obligations réglementaires créent-elles des débouchés dans ce métier ?
Oui, fortement. Le décret tertiaire impose aux propriétaires de bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² de réduire leur consommation énergétique de 40 % d’ici 2030. L’obligation d’audit énergétique pour les grandes entreprises et les normes de construction (RE2020) génèrent une demande durable de conseillers et d’auditeurs qualifiés. La réglementation européenne (taxonomie verte, CSRD) amplifie encore ce besoin.
Ce métier est-il accessible en reconversion professionnelle ?
Oui, c’est même l’une des reconversions les plus fréquentes dans le secteur. Des profils issus du BTP, du génie industriel, de la gestion de patrimoine ou des énergies renouvelables s’y reconvertissent avec succès, après une formation spécialisée de neuf à douze mois. Des certificats de qualification professionnelle (CQP) et des VAE permettent également de valider une expérience terrain dans ce domaine.
Quels outils utilise un conseiller en énergie au quotidien ?
Les logiciels de simulation thermique (EnergyPlus, COMETH, DesignBuilder) et de calcul de DPE sont les outils techniques de référence. Les tableurs restent indispensables pour l’analyse des factures et le suivi des consommations. Des plateformes de monitoring énergétique (Schneider EcoStruxure, Siemens Desigo) permettent un suivi en temps réel. La maîtrise des outils de reporting et de cartographie (SIG) est un atout pour les missions collectivités.